Ma vie a été marquée par beaucoup d’épreuves, d’une enfance tourmentée et d’une adolescence chaotique. Les drogues et l’alcool font très tôt leur apparition dans mon quotidien. À 17 ans, je quitte l’école pour travailler en cuisine, plongeur au début, cuisinier par la suite. Je suis alors très instable, je ne garde pas mes boulots. Je vais de gauche à droite sans attaches.
Heureusement, mon recrutement dans les cadets de l’air a sauvé ma jeunesse : survie en forêt, secourisme, tubiste dans la fanfare, sans oublier le grade de caporal durement gagné. J’y ai appris les principes de discipline, d’obéissance et de droiture.
En 2003, à mes 22 ans, des phénomènes bizarres se manifestent : j’entends des voix qui commentent tout ce que je fais. Puis, quelque temps plus tard, les personnes qui parlent dans ma tête font partie de la mafia. Ils menacent de me faire du mal. Ils ont développé un système permettant de lire mes pensées. Ils voient par mes yeux, ils entendent par mes oreilles, tout ça sur un ordinateur, comme si ma vie était un film. Diagnostic : schizophrénie paranoïde révélée après six mois d’observation en psychiatrie.
En 2007, mes choix me conduisent à la rue pendant un an.
En 2010, je décide d’arrêter de consommer. Narcotiques Anonymes, Alcooliques Anonymes, toutes les aides étaient les bienvenues. Finalement, après quelques rechutes, j’y suis finalement arrivé.
Quatorze ans d’abstinence plus tard, des implications sociales en santé mentale et un DEP en électromécanique sont les réussites des dernières années.
J’ai développé les aptitudes qui me permettent d’être apprenti journaliste et photojournaliste au journal de rue L’Itinéraire. Mes capacités d’écriture et de photo s’améliorent énormément, et j’ai bon espoir que tout ça me mènera au marché du travail.
Texte de Gabriel Lavoie



